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L'industrie alimentaire

Le territoire des Hauts-de-Seine a vu s’installer de nombreuses productions agro-alimentaires, dont deux marques particulièrement emblématiques : Heudebert et Banania.

Affiche publicitaire Banania. 24Fi68
Affiche publicitaire Banania. 24Fi68 © Archives départementales
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Heudebert
Charles Heudebert, né le 15 mai 1872, est le fils cadet de Charles-Edouard Heudebert boulanger à Nanterre. Dès 1895, il travaille dans la boulangerie paternelle, au 3 rue du Chemin-de-fer (actuellement rue Maurice-Thorez). La légende rapporte qu’afin d’éviter la perte des pains invendus, Charles Heudebert a l’idée de cuire une seconde fois le pain, d’où son nom biscotto = cuit deux fois.
Charles Heudebert, s’étant informé auprès de médecins, comprend l’opportunité qui s’offre à lui. Un nouveau marché est en train de naître : celui des pains de régime. En 1903 il dépose un brevet pour un pain à la caséine. Une nouvelle marque voit le jour : « Produits de régime Heudebert ».
Les premiers pains de régime fabriqués à Nanterre sont les « Pains essentiels ». Le succès conduit le boulanger à passer au stade industriel et fonde une société anonyme en 1906 : « l’Aliment essentiel ». Dans son usine, il fait beaucoup de recherches et met au point un pain concentré pouvant se conserver plusieurs années. Ce dernier est choisi en 1910 par l’armée pour remplacer le biscuit de troupe. Heudebert est par ce biais présent sur le front durant la Première Guerre mondiale. L’usine de Nanterre connaît alors une croissance rapide et la marque Heudebert se vend jusqu’aux Etats-Unis.
Désireux de diversifier ses produits, Heudebert met en route en 1932 la production de pâtes alimentaires. En 1935, l’usine de Nanterre compte 1 200 employés, dont 800 femmes. On y trouve une pouponnière et un bureau destiné à la Mutualité maternelle. De plus, chaque mois, tous les employés reçoivent un colis d’aliments de la marque.
Durant la Seconde Guerre mondiale, « l’Aliment essentiel » continue sa production sous la contrainte allemande. Charles Heudebert meurt en mai 1945.
En 1953, la maison Heudebert crée un département de glace dont la mascotte sera l’ourson KIM. Mais en 1963, la marque est rachetée par l’Alsacienne, et en 1968, l’usine de Nanterre ferme ses portes. Depuis 1986, le groupe est une filiale indépendante du groupe Danone.

Banania
La légende voudrait que Pierre-François Lardet, banquier, journaliste, grand voyageur, découvre lors d’un séjour au Nicaragua une boisson faite de farine de banane, de cacao, de céréales et de sucre. Après deux ans d’essais pour obtenir le dosage satisfaisant, l’aventure peut commencer. Lardet achète un terrain rue Lambrecht à Courbevoie pour y implanter son usine ; la famille s’installe quelques mètres plus loin, dans la même rue. Lardet dépose la marque Banania le 31 août 1914.
Durant la Première Guerre mondiale, Lardet fait envoyer au front un train de 14 wagons remplis de Banania !
A l’emblème de la marque qui était au début une Antillaise dessinée par H. Tishon, se substitue dès 1915 un tirailleur sénégalais peint par Andréis en hommage aux troupes coloniales françaises. Le slogan « Y’a bon » complète la scène. Les trois couleurs caractéristiques de la marque sont le jaune d’une part qui évoque la banane, le rouge et le bleu d’autre part qui rappellent l’uniforme des tirailleurs.
Devant la croissance de son entreprise, Lardet s’associe en 1925 avec le riche hôtelier Albert Viallat, qui fait appel en 1927 à son neveu Albert Lespinasse, ex-directeur d’un palace à Monaco. Suite à une augmentation du capital, Viallat devient président du conseil d'administration et contraint Lardet à quitter la direction de l'entreprise qu'il a créé.
Le succès du stand Banania lors de l’exposition coloniale de 1931 provoque un essor sans précédent de la marque. En 1935, nouvelle évolution du graphisme de la marque  : il ne reste du tirailleur sénégalais que son visage et sa main, dessinés par Georges Elisabeth.
L’année 1940 provoque la fermeture provisoire de l’usine de Courbevoie. La poudre chocolatée continue cependant d’être produite en zone libre.
Dans les années 1950, avec la fin du mythe du paternalisme et de la nostalgie coloniale, Banania bouleverse son image. Albert Lespinasse, épaulé par le publiciste Jacques Bazaine, fait de Banania une marque renommée grâce à un marketing omniprésent. Hervé Morvan tente de renouveler l’emblème de la marque en 1957 mais revient dès 1959 au tirailleur sénégalais dans une version stylisée ; parallèlement les cadeaux publicitaires se multiplient.
L’usine mère de Courbevoie, détruite par un incendie en 1950 et aussitôt reconstruite, est abandonnée et détruite à la fin des années 1950.
Le tirailleur quant à lui s'efface peu à peu des emballages, avant de réapparaitre en 2003. 

Au delà de Heudebert et Banania, l'industrie de l'alimentation était très présente sur le territoire des Hauts-de-Seine, depuis des marques, comme Olibet ou les bières de la Meuse, mais aussi des champignonnières, à Issy-les-Moulineaux ou une fabrique d'huile à Neuilly par exemple. Découvrez cette histoire dans notre diaporama.

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