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Marylie Markovitch : son destin dans la Russie de 1917

Parmi les nombreux témoignages sur la Révolution russe de 1917 que possèdent la Bibliothèque d’Histoire Sociale La Souvarine, nous vous proposons de suivre les pas de Marylie Markovitch, de son vrai nom Amélie Néry, une des rares journalistes françaises à se trouver en Russie au moment de l’insurrection de février 1917 qui marque les débuts de la période révolutionnaire.

La Révolution russe vue par une Française, Marylie MARKOVITCH - 2017 - Edition préfacée par Olivier GARIGUEL
La Révolution russe vue par une Française, Marylie MARKOVITCH - 2017 - Edition préfacée par Olivier GARIGUEL © Archives départementales des Hauts-de-Seine - U34 MAR

A l’heure où l’information circule au rythme des parutions des journaux, un instantané du sursaut révolutionnaire avant-coureur d’octobre 1917 nous est livré au plus près des acteurs politiques et de la population russe avec l'ouvrage La Révolution russe vue par une Française, paru pour la première fois en 1918 et réédité aujourd’hui. Marylie Markovitch  y reprend ses chroniques journalistiques en y ajoutant les passages censurés ou échoppés  lors de leur publication dans la presse.

Née à  Lyon en 1866, Amélie Néry est professeur de lettres à Montélimar et auteur de pièces de théâtre et de fantaisies pouvant servir à l’époque,  à l’éducation des jeunes gens : Cendrillonnette, Pierrot philosophe, Le Petit Chantecler, ….

Epouse d’un ingénieur russe, elle voyage dès 1896 en Perse et dans les Pays arabes d’où elle ramène des études  sur la condition féminine et des nouvelles orientales. Journaliste polyglotte (arabe, persan et russe)  et militante féministe,  elle participe en 1909 au tout premier Congrès mondial du féminisme à Paris et collabore à de nombreux périodiques littéraires.

En 1915, elle couvre le front russe comme envoyée spécial du Petit Journal, un des plus grands quotidiens populaires de cette époque et comme correspondante de La Revue des Deux Mondes. C’est vêtue du voile blanc des infirmières de la Croix-Rouge qu’elle sillonne l’Empire des Romanov pour être au plus près des soldats de la ligne de feu pour les soigner et en rapporter des « tableaux du front » afin de les diffuser en France.

De retour  à Petrograd (anciennement Saint-Pétersbourg) en 1917, elle assiste aux premières manifestations ouvrières du 23 février lors de la journée de célébration de la Femme (du 8 mars en calendrier grégorien) qui vont entraîner le ralliement de plusieurs régiments composés majoritairement de paysans à la cause insurrectionnelle et par voie de conséquence la chute du tsar, Nicolas II.

C’est alors la course à l’information pour Marylie Markovitch comme pour tous les journalistes se trouvant sur place avec parmi eux les Français :

·         Claude Anet l’envoyé spécial du Petit Parisien et de Gil Blas, et futur romancier de Mayerling,

·         Serge de Chessin, correspondant de l’Echo de Paris, de l’Information et de l’Illustration,

·         Ludovic Naudeau, correspondant du Temps et du Journal des débats,

·         Charles Rivet, correspondant du Temps.

Sont présentes aussi quelques rares femmes-reporters :

·         Florence Harper du magazine illustré Leslie’s Weekly, première femme journaliste américaine à Petrograd,

·         Louise Bryant, épouse du journaliste américain et militant socialiste John Reed.

En plein chaos révolutionnaire avec la mise en place d’un double pouvoir constitué d’une part d’un gouvernement provisoire et d’autre part d’un soviet des députés ouvriers et soldats de Petrograd, les journalistes sont obligés de parcourir des distances de coureur de fond dans la capitale sous une température inférieure à O°C.

Du fait de son installation en Russie dès 1915, Marylie Markovitch dispose d’un important réseau d’amis personnels et de contacts à Petrograd. Son carnet d’adresses lui ouvre les portes des palais, des résidences de la famille impériale lui permettant  ainsi d’être un témoin privilégié de ces journées révolutionnaires qui vont profondément modifier le cours du destin de la Russie tsariste.

Sa maîtrise de la langue russe lui assure de s’adresser à toutes les sources. De plus, la langue française pratiquée par les responsables politiques, l’entourage de la famille impériale et une importante communauté française lui facilite son travail de reporter.

Accompagnée d’un officier russe, elle reproduit son témoignage ou raconte leurs promenades. Elle réalise des interviews du ministre des Affaires étrangères, du leader travailliste Alexandre Kerenski, futur dirigeant du gouvernement provisoire de février à octobre, se rend à des réunions publiques, à des séances de la Douma quelle que soit l’heure, assiste même à la joute oratoire opposant Lénine à Alexandre Kerenski au Congrès des députés travaillistes en juillet.

Ses chroniques sont alors envoyées par courrier postal à ses rédactions d’où le décalage d’une dizaine de jours entre les événements et leur parution. Le télégraphe également utilisé est souvent l’objet de fermeture et de censure comme le courrier postal.

Marylie Markovitch revient à Paris fin août-début septembre 1917. Elle nous livre son périple de 2000 kilomètres de 13 jours et de 13 nuits, en train et en bateau, dans ses Impressions de voyage de Petrograd à Paris, témoignage complémentaire aux pages de son journal décrivant l’épisode révolutionnaire.

Ses articles réunis en un ouvrage  sortent  fin janvier ou début février, parmi une floraison de livres traitant de ce sujet comme de la première guerre mondiale, à la librairie académique Perrin. Son livre bénéficie de très bonnes critiques : son âme de poétesse transpire dans ses descriptions de la vie quotidienne, dans les portraits psychologiques. Elle dépeint avec justesse, humanité, intensité et un formidable don visionnaire les espoirs et le désarroi de la population de plus en plus désemparée face à la situation politique instable qui va mener à la révolution bolchévique et à la guerre civile.

Par son aventure russe, Marylie Markovitch rejoint la famille des femmes-écrivains anticonformistes, engagées dans le débat intellectuel et politique de la Belle Epoque : de poétesse-romancière, elle devient grand reporter dans le quotidien où écrit Albert Londres.

Par la suite, la maladie et des difficultés financières la rattrapent. Epuisée, elle meurt en 1926 à Nice après différents passages en clinique et maison de repos.

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