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Horae Beatae Mariae Virginis, T. Kerver 1503, B00160. Reliure
Horae Beatae Mariae Virginis, T. Kerver 1503, B00160. Reliure © Archives départementales des Hauts-de-Seine

Ces Horae Beate Marie Virginis secundum usum Romanum sine require cum preparatione misse (textuellement : Heures de la bienheureuse Vierge Marie suivant l'usage de Rome, sans requérir,  avec préparation à la messe) sont imprimées sur vélin. C'est un format in–8° de 112 folios, illustré de gravures sur bois et rubriqué en rouge, bleu et or. L'exemplaire présente quelques incomplétudes (feuillets signés a3, g3, g4, [g5], [g6], h3). Il est doté d'une très belle reliure datant de la seconde moitié du 16e siècle, en vélin à décor doré, à la plaque, avec motifs d'entrelacs et de grotesques sur fond azuré autour d'un médaillon central ; les chants sont également ornés. On remarque des vestiges de dorure sur les tranches, ainsi que les traces de fermoirs.

Le colophon nous apprend l'essentiel : « Les présentes heures à l'usaige de Romme furent achevées le VIe jour de octobre l'an mil cinq cens et troys par Thielman Kerver imprimeur et libraire juré de l'université de Paris pour Gillet Remacle libraire demourant à Paris sur le Pont Saint-Michel à l'enseigne de la Licorne ». Cette édition, datée du 6 octobre 1503 (calendrier julien) est inconnue des bibliographes, qui mentionnent cependant les autres éditions in-8° de la même année imprimées par Thielman Kerver pour Gilles (ou Gillet) Remacle. Notre ouvrage serait ainsi le seul exemplaire conservé de cette édition non recensée par les bibliographes (à moins qu'il n'y en ait quelque autre dans une collection privée). Par ailleurs, il est difficile de dire si de cette édition ne furent tirés que des vélins en petit nombre pour les clients les plus fortunés ou bien aussi des exemplaires sur papier, comme c'était souvent le cas.

Thielman Ier Kerver, libraire et imprimeur originaire de Coblence, débuta à Paris en 1497. En 1498, il s'établit comme imprimeur sur le pont Saint-Michel, à l'enseigne de la Licorne. Il céda sa boutique (et son enseigne) en 1500 à Gillet Remacle, pour qui il imprima de nombreuses Heures, et s'installe rue des Mathurins, au coin de la rue de Sorbonne, d'où il part à nouveau en novembre 1503, peu après l'impression de notre ouvrage. Il fut actif jusqu'en 1522, jouissant d'une réputation méritée pour la qualité graphique de ses livres d'heures. Sa veuve, Yolande Bonhomme (d'une des plus anciennes familles de libraires parisiens), lui succéda, reprenant alors l'enseigne de la licorne. Elle continua jusqu'en 1556 à publier des livres de liturgie, dont on trouve plusieurs exemples à la bibliothèque. De ses six enfants, trois devinrent  imprimeurs-libraires.

Gillet Remacle, quant à lui originaire de Liège, est un éditeur parisien beaucoup moins connu, en activité de 1499 (son nom apparaît pour la première fois sur une édition datée du 16 septembre 1499, des Heures à l'usage de Rome imprimées par Kerver) à 1506. Il n'a édité que des livres d'heures, tous sortis des presses de Thielman Kerver, dont il n'était peut-être que le facteur ou le commis. Cette pratique de l'association entre deux marchands libraires était très fréquente alors ; ils partageaient sans doute les exemplaires (on remarque sur l'édition étudiée que seule l'adresse de Remacle est indiquée). Sur la marque, reproduite ici, figure le nom de l'imprimeur dans le phylactère, et son chiffre (T. K.) dans l'écusson. Les licornes font allusion à l'ancien atelier de Kerver sur le pont Saint-Michel, repris par Remacle. Gilles Remacle, lui, semble ne pas avoir de marque, ce qui est normal puisqu'il était bien plus éditeur qu'imprimeur.

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