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Eléments d'identification

Corpus juris civilis, Institutiones, 1495, A00113
Corpus juris civilis, Institutiones, 1495, A00113 © Archives départementales des Hauts-de-Seine

Incipit et colophon : aujourd'hui, la reconnaissance d'un ouvrage par son titre, son auteur et son lieu d'édition s'offre d'emblée au lecteur. Or, à l'origine de l'imprimerie, le livre ouvert ne dévoile pas immédiatement son identité. Toute une approche est nécessaire afin d'en saisir le contenu et  l'origine, la présence du latin et des caractères gothiques constituant une difficulté supplémentaire.
La nécessité d'une amorce au texte dans la présentation d'éléments concis et forcément réducteurs n'existe pas en tant que telle. La page de titre s'élabore lentement et ne s'impose réellement qu'à la fin du 15e siècle. A l'origine, le recto de la première page est laissé blanc, le texte commençant au verso. Conservant la pratique médiévale du manuscrit, le texte débute par le mot latin incipit "ici commence", suivi du titre et parfois du nom de l'auteur, et se termine par explicit "ici finit". L'explicit peut être suivi du colophon (du mot grec signifiant "achèvement"), formule énonçant le nom de l'auteur et le titre, et précisant l'adresse bibliographique : lieu, imprimeur, date.

La marque : un autre élément figure parfois également en tête ou fin d'ouvrage ; il s'agit de la marque d'imprimeur. De la même façon que les papetiers prennent très tôt l'habitude de marquer leur production au moyen d'un filigrane, les imprimeurs signent leur production en apposant leur marque. Cette marque, gravée sur bois et imprimée, est un élément à la fois informatif, décoratif et publicitaire. Elle reprend, à l'origine, le signe placé sur les ballots de livres que les imprimeurs envoient à leurs correspondants à travers l'Europe, soit leurs initiales surmontées d'une croix, sur fond noir. Par la suite, elle devient plus élaborée en s'inspirant du nom de l'imprimeur, de l'enseigne de sa boutique, de l'héraldique, voire en reprenant une devise, manière pour l'artisan de s'inscrire dans le monde de la culture humaniste.
Il peut aussi arriver que l'imprimeur soit différent du libraire, alors commanditaire, et que deux marques
figurent sur l'ouvrage, celle du libraire au titre et celle de l'imprimeur au colophon.

La page de titre : peu à peu, ces éléments d'identification formulés en fin de texte migrent pour se placer en tête de l'ouvrage, sur le recto du premier feuillet laissé vacant. Il s'agit d'abord du titre seul, une ou deux lignes, qui par la suite s'étire parfois en réel titre-sommaire ; la marque ensuite, accompagnée ou non de l'adresse bibliographique, gagne la page de titre. L'adresse bibliographique, énoncée dans une formule, est parfois accompagné mot latin venundantur "sont vendus", rendant compte de l'aspect commercial que revêt aussi cet espace. Une hiérarchie claire de l'information, respectant la valeur sémantique de l'énoncé, ne sera définitivement adoptée qu'au milieu du 16e siècle.

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