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L'enfant et la guerre

J. Gautier, Un général de cinq ans, 1918
J. Gautier, Un général de cinq ans, 1918 © Archives départementales des Hauts-de-Seine

Voici la trame de l'ouvrage : dans la première partie, récit dans le récit, le héros que Judith met en scène, pour évoquer la guerre à l'intention du jeune public, raconte les conditions dans lesquelles il est arrivé à Saint-Enogat, fuyant la Belgique envahie. Il s'appelle Joseph Régnier, il a cinq ans. Il vient "du bassin de Charleroi", plus précisément, d’une petite ville wallonne dans la province francophone de Hainaut : Bouffioulx. Son père y était "potier dans une usine" (p. 4). La fabrication de poteries en grès vitrifié constitue bien, depuis le Moyen Age, l'activité principale de Bouffioulx. Cette activité, artisanale puis industrielle, a su s'adapter à la demande et perdurer jusqu'à nos jours. Le père venait d'être malade quand le conflit a éclaté, son état de santé justifiant qu'il ne soit en mesure de combattre. Les Régnier, le père, la mère, l'enfant et la grand-mère, ont vraisemblablement pris la fuite à l'aube du 22 août, après une nuit blanche. En effet, des exactions sanglantes sont commises à Bouffioulx le 22 août 1914, sans doute par une division de cavalerie, "des Boches à cheval" (p.6), passant par les armes des civils et incendiant des maisons.

La famille, qui se déplace à pied, gagne d'abord Saint-Aubin (7) (p. 9), puis Crécy (idem). A Hirson, première ville française sur leur route, se place l'épisode véridique de la poudrière (p. 10) : la destruction du fort d'Hirson ou fort Dubois, dont l’explosion des magasins à poudres, incendiés par les Allemands, a partiellement soufflé l'édifice. Dans un bois, aux environs d'Hirson, Joseph découvre un poilu blessé secouru, sous ses yeux, grâce à l'intervention d’un chien ! La localisation des blessés au moyen de chiens, par le service de santé des armées, lors de la première guerre mondiale, est une réalité. Le terme de "chien de guerre" utilisé par le petit Joseph (p. 11) est tout à fait exact. Lors de la Grande Guerre, les chiens de guerre ont été utilisés, dans le cadre militaire, pour diverses tâches : chiens sentinelles, chiens de liaison ou d'estafette, chiens de patrouille d'attaque ou de recherche, chiens sanitaires (pour retrouver les blessés), chiens de trait, ou simplement mascottes de régiments. Suivant le règlement, les chiens étaient sous la responsabilité d'hommes ayant obligatoirement effectué, au préalable, un stage dans les chenils de l'armée (8). Arrivés à Laon au bout de dix jours de marche (les Allemands les talonnent, puisque Laon est occupé à partir du 2 septembre), les Régnier sont dirigés vers la gare ; ils passent alors quatre jours en train pour atteindre Rennes où "les dames de la Croix-Rouge" (p. 13) les nourrissent (les cantines de gare sont mises en place par l'association) et recueillent la grand-mère épuisée. Le petit Joseph et ses parents reprennent le train jusqu'à Saint-Malo où ils embarquent à bord d’un bateau qui les conduit à Dinard, terme de leur exode. On constate la richesse des informations historiques fournies à travers les propos de Joseph. Pour ce qui est de l'instance qui régit l’acheminement des réfugiés belges à partir de Laon, loin des zones de guerre, il s'agit vraisemblablement de l'autorité militaire, en application de la loi du 5 août.

7. De nos jours, Saint-Aubin est une section de la commune de Florennes.

8. Paul Megnin, Les chiens de France, soldats de la Grande Guerre, Paris, Albin Michel, 1919.

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