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Le Pré des oiseaux

J. Gautier, Un général de cinq ans, 1918
J. Gautier, Un général de cinq ans, 1918 © Archives départementales des Hauts-de-Seine

Depuis le début du conflit, la femme de lettres Judith Gautier, délaissant son appartement parisien de la rue Washington, a pris ses quartiers dans sa petite propriété de Saint-Enogat (Ille-et-Vilaine) (3), "le Pré des oiseaux". Fille de Théophile Gautier, elle-même écrivain célèbre, elle a été la première femme admise à l'académie Goncourt, en 1910, soit trente-cinq ans avant Colette. Toujours prête à porter assistance aux démunis, elle recueille spontanément, en septembre 1914, une famille de réfugiés belges, un couple accompagné d'un petit garçon de cinq ans. Elle va les héberger chez elle pendant plus d'un an.

Si l'hospitalité est bien partagée dans la famille Gautier, la créativité l'est également. Estelle, sœur cadette de Judith et seconde fille du grand Théophile, a épousé l'homme de lettres Emile Bergerat. De cette union sont nés deux enfants dont un garçon, Théophile Eugène, dit Théo, le 29 janvier 1876. Celui-ci convole, le 15 mai 1912, avec Alice Lecelles, une artiste peintre comme l'indique leur acte de mariage. Théo, quant à lui, s'est fait connaître dans un domaine en plein essor : le cinéma. En 1911, il a été le scénariste de la première adaptation cinématographique du Roman de la momie (d'après l'œuvre de Théophile Gautier), par le réalisateur Albert Capellani. Agé de trente-huit ans à la déclaration de guerre, il a été mobilisé à Saint-Lunaire (Ille-et-Vilaine), où se trouve la "Villa Caliban", propriété des Bergerat, à quelques centaines de mètres à vol d'oiseau de Saint-Enogat. Il est alors affecté à l'hôpital auxiliaire de la ville, hôpital militaire temporaire installé dans le Grand Hôtel et qui entre en fonction le 10 septembre 1914.

Après la mort d’Estelle, survenue à Saint-Lunaire le 24 décembre 1914, Emile Bergerat choisit de regagner Paris (pour des raisons professionnelles et, par conséquent, financières). Il confie alors son fils et sa belle-fille aux bons soins de Judith. Des raisons sentimentales et pratiques incitent sans doute ces derniers à quitter Saint-Lunaire pour Saint-Enogat. Judith aimait Théo et appréciait Alice : les neveux devaient ainsi rester pendant deux ans chez leur tante, au "Pré des oiseaux".

3. Saint-Enogat est le centre historique et le nom primitif de Dinard, dénomination officielle de cette commune à partir de 1921.

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