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La fin de l'histoire

J. Gautier, Un général de cinq ans, 1918
J. Gautier, Un général de cinq ans, 1918 © Archives départementales des Hauts-de-Seine

Après le récit de la fuite de Belgique vers la France, la seconde partie de l'ouvrage relate une aventure vécut à Dinard par Joseph et le groupe d'amis admiratifs qu'il s'est fait sur place. Cette aventure, au dénouement moral, aussi amusante soit-elle, est moins intéressante pour le lecteur actuel. Elle permet toutefois un constat : en ce début de conflit, l'endroit semble épargné, à l'abri de répercussions dans le quotidien. Non seulement Saint-Enogat est un refuge où les enfants peuvent encore jouer sur la plage, mais le ravitaillement ne pose aucun problème. Ainsi, pour leur équipée nocturne, les petits chenapans pillent les garde-manger de leurs parents où ils trouvent gigot, pain d'épice, conserves, etc. Si les diverses aventures du petit Joseph, sur les routes de Belgique et de France, puis à Saint-Enogat, sont destinées, de l'aveu de l'auteur, "aux enfants de huit à douze ans", leur arrière-plan est le reflet de conditions matérielles réelles, et fourmille de précieux détails historiques. Là encore, Judith Gautier est fidèle à son "cahier des charges" : "nous nous efforcerons que ce livre soit intéressant même pour les grandes personnes". Cent ans plus tard, l'engagement est toujours honoré. Cet album est une jolie réussite ; on salue le travail accompli par la narratrice et l'illustratrice, et leurs talents respectifs. On ne peut toutefois passer sous silence une incohérence dans le texte, lorsque Judith  fait dire au petit Joseph : "j'allais [à l'école] depuis septante mois ; avant j'étais trop petit" (p.5). Soit l'enfant s'est trompé (et Judith aurait conservé cette erreur ?), soit, plus vraisemblablement, il s'agit d'un lapsus de l'auteur. Voulant ajouter au réalisme du récit en l'émaillant d'expressions typiques (alleï, savez-vous, saveï), elle se trompe dans l'utilisation de cette tournure régionale : l'adjectif numéral septante signifie soixante-dix ; cela voudrait dire que Joseph va à l'école depuis cinq ans et dix mois ! Il faut probablement restituer "depuis dix-sept mois", ce qui ferait un âge logique (trois ans et demi) pour une entrée en maternelle. A vouloir trop bien faire, elle s'est trompée et, plus curieux, personne ne le lui a signalé.

Pour en revenir aux Régnier, Judith indique dans la lettre à son notaire parisien les avoir hébergés pendant quinze mois ; dans la mesure où ils étaient arrivés à Dinard en septembre 1914, ils en seraient partis en décembre 1915. Où ont-ils poursuivi leur exode ? Qu'est devenu le petit général ? Quant à l'ouvrage que son histoire avait inspiré, le titre changea, l'éditeur pressenti peut-être aussi ; le livre sortit finalement des presses de l'imprimerie Berger-Levrault à Nancy, en octobre 1918 (9), peu de temps avant la signature de l'armistice. Mais, au Pré des oiseaux, Judith Gautier était morte depuis près d'un an, le 26 décembre 1917. Alice Bergerat, dépositaire de nombreux souvenirs familiaux, tangibles ou impalpables, s'éteignit quant à elle, à Neuilly-sur-Seine, le 29 octobre 1967. Au moment de l'armistice en 1918, une statistique faisait état de la présence de 325 000 réfugiés belges sur le sol français.

9. En dépit d'un tirage de l'ordre de 2300 exemplaires, le volume a pâti de son statut de livre pour enfants, peu propice à une conservation durable ; de plus, les biographes de Judith omettent de l'intégrer à sa bibliographie.

Carte postale, 9Fi615
Carte postale, 9Fi615 © Archives départementales des Hauts-de-Seine
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