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Un formidable engouement

Geoffroy St Hilaire, 398PEG003
Geoffroy St Hilaire, 398PEG003 © Archives départementales des Hauts-de-Seine

Immédiatement, les visiteurs affluent au Jardin des Plantes : 600 000 personnes, dit-on, viennent voir Zarafa dans son enclos entre juillet et décembre 1827. Pour cette visite, des billet d'entrée spéciaux sont imprimés, avec la mention "pour voir la giraffe" et ses apparitions sont programmées : "les lundi, jeudi et samedi de 1h à 5h".

La girafe, enfin démystifiée, engendre une véritable girafomania qui envahit non seulement les arts graphiques sous toutes leurs formes (dessin, peinture, estampes dont en particulier les images d'Epinal) et la littérature mais aussi les supports les plus divers et les plus improbables : médaille, bonbonnière et vaisselle de toute sorte, carreaux de faïence, étoffes, éventails, papier-peint, fer à repasser, etc.

Avant et après son arrivée à Paris, la girafe se révèle être un incroyable instrument de communication pour le Jardin des Plantes et un outil de modernisation. En effet, la construction des bâtiments de la Ménagerie, souvent remise en question, ne doit son achèvement qu'à l'onde de succès populaire qui précéda la progression de l'animal depuis Marseille: elle fit à elle seule davantage pour convaincre de la nécessité d'achever les travaux entrepris que toutes les suppliques impuissantes des savants du Museum. D'autre part, grâce aux recettes générées par la vente des billets d'entrée pour venir la contempler, de nouvelles constructions furent possibles. Ainsi, l'intérêt immédiat et considérable du public pour la girafe permit de débloquer des crédits pour la construction de la galerie de minéralogie, ainsi que pour les serres qui furent édifiées entre 1834 et 1836 (restaurées et rouvertes au public en mai 2010).

Sa vogue est telle que sa haute silhouette, accompagnée de son cornac, est intégrée au moins dès 1830, à la galerie des 39 personnages typiques du Carnaval de Paris, au même titre que Robert Macaire, Pierrot ou Polichinelle. Mais la population parisienne est rapidement blasée de ce qui l'avait tenu en haleine de si longs mois. Trois ans plus tard, Balzac écrivait : "la girafe n'est plus visitée que par le provincial arriéré, la bonne d'enfant désoeuvrée et le jean-jean simple et naïf". Zarafa mourut en janvier 1845 ; elle fut aussitôt naturalisée. En 1931, la dépouille fut transférée au Museum d'Histoire naturelle de La Rochelle, où elle est toujours visible.

A la suite de la réussite de cette expédition, le transport de girafes entre l'Egypte et la France, sans vraiment se banaliser, sembla désormais moins insurmontable. En 1839, Clot-Bey, médecin français devenu directeur de l'Ecole de médecine du Caire, envoie une seconde girafe au Museum, où elle vint, rejoindre Zarafa. En 1853, c'est trois individus, une femelle et deux mâles, que Delaporte, consul de France au Caire, fait cette fois parvenir au Museum. Si l'un des jeunes mâles ne résista que peu de mois aux aléas des conditions climatiques en Ile-de-France, le couple restant s'acclimata au point de donner naissance au premier girafeau sur le sol français, le 29 février 1856. L'évènement fut salué par un article, accompagné d'une gravure, dans le Magasin pittoresque d'avril 1856. L'ouverture du canal de Suez en 1869 facilita considérablement les échanges entre l'Afrique orientale et l'Europe et contribua à intensifier la présence des girafes sous nos latitudes.

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