Bienvenue sur le site mobile des archives départementales des hauts-de-seine.

Nos missions

Histoire du département

Bibliothèque des Archives

Bibliothèque André-Desguine

Bibliothèque La Souvarine

Nos actualités

Plan du site

Contact

Le cadeau de Charles X

Oeuvres complètes de Buffon, 1829, T00385
Oeuvres complètes de Buffon, 1829, T00385 © Archives départementales des Hauts-de-Seine

Au tout début du XIXe siècle, la girafe est encore un sujet de curiosité. L'animal, rare donc fantasmé, est toujours inconnu de visu en France à cette époque. Ce n'est qu'en 1826 que les spéculations hasardeuses et les illustrations improbables connaissent enfin un terme lorsqu'une girafe vivante arrive en France, cadeau du vice-roi d'Egypte, Méhémet Ali, à Charles X, en signe de bonnes relations diplomatiques.

La jeune girafe d'environ deux ans débarque à Marseille, en provenance d'Alexandrie, le 23 octobre 1826. Après la quarantaine de rigueur, elle prend à partir de novembre ses quartiers d'hiver dans les communs de la préfecture des Bouches-du-Rhône où elle jouit d'un succès considérable. Le 20 mai, le temps, plus clément et plus en rapport avec son climat d'origine, permet d'entamer le long voyage, essentiellement "à pied", vers Paris. L'escorte comprend notamment quatre palefreniers qui ont accompagné l'animal depuis l'Egypte, deux vaches laitières pour assurer l'alimentation de l'animal avant son sevrage, ainsi qu'un peloton de gendarmes. Pour parer aux éventuelles  intempéries, on a fabriqué pour Zarafa (c'est ainsi qu'on l'a baptisée) une "robe de toile cirée aux armes de France", sorte de housse adaptée à la taille et à la morphologie de l'animal. Geoffroy Saint-Hilaire, créateur et administrateur de la ménagerie du Museum national d'histoire naturelle, supervise toute cette opération qui constitue un évènement considérable.

Le long du trajet et aux étapes (dont Aix en Provence, Saint-Symphorien, Lyon, Arnay-le-Duc), la foule se presse, provoquant parfois des incidents dont on peut retrouver le récit dans les colonnes du Moniteur universel, organe officiel de l'époque. Impatients et curieux, certains Parisiens n'attendent pas l'arrivée du cortège dans la capitale et se portent à sa rencontre ; parmi eux, Stendhal  qui rapporte dans une lettre du 2 juillet 1827 : "nous sommes allés par le Steamboat de la Seine, à Villeneuve-Saint-Georges au devant de la girafe, le 30 juin", et, apparemment peu impressionné, poursuit le fil de sa correspondance sans autre forme de commentaire. Même le tout jeune Théodore Chassériau se poste sur son passage et la croque avec ses deux cornacs enturbannés : cette œuvre de jeunesse (il a alors huit ans !), est conservée au Département des arts graphiques du Louvre.

Enfin, le 30 juin, la girafe est à Paris. Après une semaine de repos et d'acclimatation,  elle est amenée  le 9 juillet au château de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine), résidence d'été de la famille royale, où elle est présentée à son destinataire officiel, Charles X. L'animal rejoint ensuite définitivement le Jardin des Plantes (ancien Jardin du Roi), museum royal d'histoire naturelle, où elle devient l'objet d'un véritable engouement.

partager