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André Desguine, un humaniste

En 1983, le Département des Hauts-de-Seine reçut en don une bibliothèque privée riche de quelques 55 000 volumes, celle d’un bibliophile, André Desguine (1902-1981). Estimant n’en être que le dépositaire provisoire, il avait pris la décision d’en éviter la dispersion et d’en assurer l’accessibilité. Concernant la structure d’accueil, le choix se porta sur les Archives des Hauts-de-Seine, comme étant alors la seule institution départementale à même d’abriter un fonds de cette ampleur, d’en garantir les meilleures conditions de conservation et de communication. La bibliothèque est exploitée et accessible au public depuis 1988.

F. Fertiault, Les amoureux du livre, 1872, Z01605
F. Fertiault, Les amoureux du livre, 1872, Z01605 © Archives départementales des Hauts-de-Seine

André Desguine, après une formation supérieure scientifique, fut, de 1931 à 1950, directeur de l’Institut Albert de Lapparent, annexe de l’Ecole des Travaux publics, à Cachan (Val-de-Marne), puis de 1950 à 1972, directeur de l’internat de l’Ecole spéciale des Travaux publics. Epris de culture classique et esprit curieux – ses nombreuses études et notes en témoignent –, un goût particulier incline cet érudit vers les hommes et les choses de la Renaissance : c'est un seiziémiste reconnu, qui édite des textes oubliés de Ronsard ou Baïf, collabore à la revue Gallia ainsi qu'au Bulletin de l’Association Guillaume Budé.

A l’adolescence, quelques ouvrages donnés par un de ses amis ont été à l’origine de sa passion pour les livres et de son étonnante collection. Alimentée patiemment et savamment pendant près de soixante ans, elle présente l’intérêt de ne pas être la juxtaposition artificielle d’héritages ou d’achats aléatoires, mais de constituer le fruit d’une démarche intellectuelle rigoureuse tendant vers la réalisation d’une véritable architecture du savoir. C’est pourquoi André Desguine n’a jamais été tenté par l’acquisition de bibliothèques entières : chaque apport a été réfléchi, allant dans le sens de ses goûts ou venant combler un manque dans ce qu’il concevait comme une entité philosophique, la bibliothèque d’un honnête homme. Cependant, il récusait toute appropriation exclusive : « la possession de mes livres est provisoire, en attente et au service de ceux qui, après moi, pourront en jouir », écrivait-il. De son vivant déjà, il en proposait l'usage et le partage ; c’est le sens de l’exergue qu’il avait placé à l’entrée de sa bibliothèque : certes, ces livres sont miens, mais quiconque aime l'étude peut en faire usage, pourvu qu'il préfère le silence au tumulte, l'amour à l'argent et la paix à la guerre. Ses archives personnelles ainsi que sa collection de périodiques sont conservés aux Archives départementales du Val-de-Marne.

Ceux qui ont connu la bibliothèque à Cachan, dans son cadre d’origine, en conservent une forte impression : dans les pièces de la simple villa de banlieue qui lui avaient été réservées, plafonds à caissons, vitraux, lutrins, et objets d'art composaient un décor hors du temps. Sur les murs, pas un espace n’était laissé vacant. Bouquinistes des quais de Seine, libraires spécialisés, salles des ventes, Desguine sut exploiter tout le réseau national du commerce du livre ancien pour traquer chaque exemplaire. Chacun de ses voyages à l'étranger, en Italie notamment, était  aussi l’occasion d’une nouvelle moisson.

La bibliothèque André-Desguine est essentiellement un conservatoire, une anthologie de ce que l’imprimerie a réalisé de plus beau depuis son invention. Mais, si le collectionneur était manifestement friand d’acquérir un volume de belle facture ou témoignage éclatant d’un nouveau savoir-faire, il l’était plus encore de découvrir une œuvre rare ou méconnue, recherchant une approche privilégiée du texte, dans sa forme primitive et dans ses états successifs. Ainsi se côtoient et se répondent éditions originales, éditions critiques, contrefaçons, textes polémiques, faisant de sa bibliothèque une vaste tribune de la pensée. On peut regretter qu’André Desguine n'ait jamais rédigé de catalogue ; il a simplement tenu une sorte d'inventaire alphabétique de ses acquisitions, sans date ni cotation, très sommaire dans les descriptions et donc malaisé à exploiter.

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