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LA JOC féminine (JOCF)

Jusqu’en 1987, il existe un deuxième mouvement destiné aux jeunes filles, la Jeunesse Ouvrière Chrétienne Féminine (JOCF).

Ce mouvement d’action catholique voit sa première section créée à Clichy (Seine) en février 1928, à l’initiative notamment de Mme Jeanne Aubert et de l’abbé Guérin, à la suite et sur le modèle du mouvement masculin dont les prémices remontent à 1926. Des sections voient le jour dans le même temps, dans le nord de la France, dans les villes de Roubaix et de Tourcoing. La multiplication des sections conduit à la création de la fédération de la Seine, puis à l'organisation d'un secrétariat général dont la responsabilité échoit à Mme Jeanne Aubert. Le premier conseil national du mouvement se tient le 3 février 1929.

Statuts
La JOCF accède à une complète indépendance en prenant la forme juridique d’une association à but non lucratif (Loi du 1er juillet 1901) dont les statuts sont déposés le 8 mai 1931.

Sièges
Initialement installée 44, rue de l'Est à Boulogne-Billancourt (Seine), la JOCF connaît successivement plusieurs sièges : au 278, boulevard Raspail à Paris (14ème) à partir de novembre 1928, puis du 15 juin 1930 au 20 novembre 1932, 112 bis rue de Vaugirard (15ème), enfin au 246, boulevard Saint-Denis à Courbevoie (Seine) qui demeure son siège jusqu'à ce jour, hormis la période de la Seconde Guerre mondiale.

Actions et objectifs
Ce mouvement d’Église regroupe des jeunes femmes de 14 à 25 ans issues de milieux populaires. Partant du constat du défaut de pastorale de l’Eglise dans le milieu ouvrier, l’une des originalités de la JOCF réside dans sa démarche originelle qui consiste à pratiquer l’apostolat du semblable par le semblable.
La JOCF se définit rapidement comme un “ mouvement de conquête de la classe ouvrière ”, mais elle ne se limite pas à ce simple aspect puisqu’elle se veut une école de la vie. Cet accompagnement des jeunes travailleuses passe aussi par un rôle de représentation sociale auprès des autorités publiques et privées.
La démarche se veut très pragmatique en partant des réalités rencontrées sur le terrain qui font l’objet d’enquêtes et permettent de rapporter des "faits de vie" dans les cercles d'études. Ces enquêtes doivent aboutir à l’accomplissement de la pédagogie jociste : “ voir, juger, agir ”. Elles sont le point de départ avant toute affiliation d'une section à la JOCF, puisque préalablement à la reconnaissance de la section, les futures militantes se doivent de connaître la vie des jeunes travailleuses de leur paroisse. Suivront successivement des enquêtes sur les conditions de logement (1930), les conditions de travail (1931), les accidents du travail (1932), le temps libre (1933), la santé (1934-1935), …
L’action revendicative a, quant à elle, très tôt privilégié les demandes qualitatives (conditions de travail, …), ce qui la rend très novatrice.

O
rganisation
L’organisation de la JOCF. repose, à l’échelon le plus fin, sur la section qui s’étend le plus souvent à une paroisse. La section, animée par un comité, est composée d’équipes de quartier. Les membres de la section se retrouvent fréquemment en Cercle d’Études (CE). Ces cercles d’études ne se veulent pas le prétexte à des exposés théoriques, mais au contraire le lieu d’échanges sur les conditions de vie et les mentalités des personnes du milieu dans lequel évolue la jociste (rue, atelier, famille, localité). Afin d’habituer les participants à porter un jugement sur ce qu’elles ont constaté et non sur des idées préconçues, les membres des cercles d’études se livrent à des enquêtes (vie matérielle et morale du jeune travailleur, …). Certaines de ces enquêtes donnent lieu annuellement à une campagne nationale par affiches, tracts, presse.
Les sections jocistes sont regroupées en fédérations, animées chacune par un conseil fédéral composé par un ou deux membres de chaque section.
Chaque fédération organise ses journées d'études, réunissant les militantes des différentes sections. Ces journées d'études sont prolongées, à partir de 1929, par les semaines d'études nationales qui rassemblent les déléguées de toutes les fédérations. Ces semaines d'études se sont déconcentrées progressivement en région puis ont été remplacées au niveau national par les sessions intensives où se retrouvent les dirigeantes fédérales.
Les déléguées des fédérations, l'aumônier national, les dirigeantes nationales et les permanentes forment le conseil national de la JOCF. Ce conseil assure l'unité du mouvement.
Le secrétariat général, qui assure la responsabilité de l’ensemble du mouvement, est composé de l’aumônier général et de ses adjoints, ainsi que des permanents du mouvement.
Cette organisation est complétée au niveau national par des services destinés à répondre à des attentes spécifiques : service épargne (disparu avant guerre), pré-jocistes, loisirs, malades, maisons de repos ...
Cependant l’organisation telle qu’elle vient d’être définie ci-dessus a été soumise à des variations après-guerre, avec notamment la création de l’échelon régional, qui est également appelé “ province ” ou “ secteur ”.

Intérêt du fonds
Le fonds coté 45 J est constitué des archives centrales de la JOCF pour la période 1928-1987 ; il reflète l’activité des différents organes de la JOCF (délibérations des conseils nationaux, des conseils centraux, …), de son approche de milieux spécifiques ou de catégories (adolescentes, employées de maison, saisonnières, apprenties, …). Le fonds est également très riche sur les aspects internationaux de l’action de la JOCF.
De plus le fonds éclaire les relations de la JOCF avec l’Eglise et les autres mouvements d’action catholique mais aussi avec certains syndicats. Par la période couverte, il offre une approche différente des grands problèmes qui ont agité la société française depuis les années trente mais aussi de l’évolution de la spiritualité.
La présence de collections très complètes de périodiques édités par la JOCF (Jeunesse Ouvrière, Bulletin des dirigeantes...) mais aussi de calendriers, livrets, enregistrements de chants, et photographies constituent autant d’objets d’études potentiels.
Ce fonds ouvert, de 69,4 m/l, est doté d’un instrument de recherche . Il a fait l’objet d’un contrat de dépôt en 1993 qui précise série par série la communicabilité des documents. Des documents de la période 1931-1990 conservés par le Secrétariat de la JOC/JOCF, ont fait l'objet d'un dépôt complémentaire le 11 octobre 2001 et sont décrits dans un inventaire détaillé.
Ce fonds a souffert de nombreuses destructions pendant la Seconde Guerre mondiale.

Fonds complémentaires :
Archives départementales des Hauts-de-Seine : 44 J, fonds de la Jeunesse ouvrière chrétienne
Archives départementales des Hauts-de-Seine : 46 J, collection d’imprimés déposés par la Jeunesse ouvrière chrétienne
Archives départementales des Hauts-de-Seine : 56 J, papiers de Madame Jeanne Picard-Aubert, fondatrice de la JOCF, secrétaire générale de 1928 à 1939
Archives de l’aumônerie de l’Action catholique : papiers du Père Georges Guérin, fondateur de la JOC française, aumônier général de la JOC de 1927 à 1950.

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